BLOG D’UN NATURALISTE DANS LE SUD-OUEST

Un Vautour percnoptère en Lot-et-Garonne

Percnoptère 47 calignac Michel Bergalasse 01/03/18

Vautour percnoptère (Neophron percnopterus), Lot-et-Garonne, Mars 2018, Photographie : Michel Bergalasse.
Une observation ornithologique assez originale a eu lieu vers Nérac le 1ier mars 2018. Michel Bergalasse a pu observer et photographier cet oiseau étonnant. Il s’agit d’un Vautour percnoptère (Neophron percnopterus) adulte. C’est un rapace charognard migrateur qui passe l’hiver en Afrique (au Sud du Sahara) et rejoint dès le mois de février ou de mars ses zones de nidification plus nordiques comme l’Afrique du nord, le sud de l’Italie, l’Espagne et la France. En France, l’habitat qu’utilise l’espèce lors de la nidification, se situe dans des zones plus ou moins montagneuses où le pastoralisme est bien présent, pour l’alimentation, mais également où des zones rupestres (falaises rocheuses) permettent l’installation d’une aire de nidification. L’espèce se nourrit de cadavres, de divers déchets (parfois dans les décharges) et est également coprophage ! (Un authentique nettoyeur donc !! il n’y a pas de sot métier !!) Certaines populations en Afrique utilisent des cailloux pour casser les énormes œufs des Autruches (Struthionidés).

En France, on l’aura compris, de telles zones de nidification qui conviennent à l’espèce existent dans les Pyrénées, mais également dans les zones méditerranéennes du sud du Massif Central jusqu’aux Alpes. Cette observation de Vautour percnoptère est vraiment occasionnelle en Lot-et-Garonne mais, en même temps elle peut s’expliquer : Avec les fortes chutes de neige récentes qu’il y avait eu sur les Pyrénées et le Pays-Basque à cette période-là, l’oiseau tout juste de retour de migration a prospecté la plaine pour s’alimenter. Cela reste assez fréquent, mais cet individu a quand même été se balader assez loin, jusqu’à Nérac !! Mais bon… l’espèce a été observée en Alsace en mars 2007 et février 2008 !

Une autre particularité, observable sur cette photo, et qui a sauté aux yeux de tous ceux qui sont passionnés par l’étude de la nature… cet oiseau est bagué !! Affaire à suivre… Grâce au travail des bagueurs (qui sont souvent bénévoles) mais également grâce à ceux qui observent des oiseaux bagués ou récupèrent des bagues sur des cadavres, nous connaissons mieux l’état de nos populations et l’écologie des oiseaux sauvages. D’ailleurs, pour participer, si vous trouvez/observez un oiseau (mort ou vivant) bagué il faut en informer le Centre de Recherche sur la Biologie des Population d’Oiseaux (CRBPO) – Museum National d’Histoire Naturelle – Paris, lien : http://crbpo.mnhn.fr/spip.php?rubrique4.

Le Vautour percnoptère bénéficie actuellement d’un plan national, c.f le lien : http://rapaces.lpo.fr/vautour-percnoptere/plan-national-actions. En ce qui concerne notre Percnoptère n°M7C, ici présent, nous allons attendre d’avoir un retour d’information sur son parcours et j’espère que dès la fin de l’année 2018 nous saurons tout de lui (notamment où il a niché depuis plusieurs années, combien il a eu de jeunes…). Il faut savoir que le vautour percnoptère est une espèce dont les populations françaises sont vraiment très fragiles et même en déclin dans le Sud-Est notamment. Avec plus ou moins 80 couples nicheurs/an sur le territoire national, l’espèce a de plus en plus de mal à stabiliser ses effectifs du fait d’une moindre disponibilité des ressources trophiques, du dérangement, de la mortalité due au poison et aux lignes électriques… (Source : Revue ORNITHOS, Oiseaux nicheurs rares et menacés en France, n°18-3, n° 21-6 & n°23-2, auteurs : E.Kobierzycki, P.Orabi, M.Gallardo, C.Ponchon…).

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