ORNITHOLOGIE : Le petit rapace aux yeux rouges
L’Élanion blanc, une espèce en expansion…
L’Elanion blanc (Elanus caeruleus caeruleus) est un petit rapace inféodé aux habitats herbacés ouverts comme les savanes, les champs avec quelques arbres isolés ou en bosquet. Il est largement présent sur le continent Africain et en Inde (avec différentes sous-espèces). En Eurasie, c’est la péninsule Ibérique qui détient les populations les plus importantes. Dès 1983, en expansion vers le Nord, il colonise le Sud-ouest de la France. C’est donc une acquisition naturelle tout à fait récente pour notre avifaune. Sa reproduction est maintenant régulière dans tous les départements de l’ancienne Aquitaine et même bien au-delà. Il est nicheur régulier en Occitanie, dans les Charentes, Les Deux-Sèvres, la Vienne. Il est aussi présent jusqu’en Bretagne, dans la Marne et même dans le département du Nord (1 couple en nidification). Vraiment très à l’aise dans les airs, sa technique de chasse en « vol surplace » est très efficace. Il ne semble jamais s’arrêter de traquer les micromammifères. C’est un spécialiste des quelques espèces de Campagnols (genre Microtus) qui peuplent les friches et les prairies de la vallée de la Garonne et des coteaux alentours. En observant l’espèce en action, il apparait que son taux de capture de proie avec réussite est assez impressionnant ! Notamment si on le compare au Faucon crécerelle (Falco tinnunculus) qui occupe les mêmes habitats. Il doit donc probablement rentrer en compétition alimentaire avec le Faucon crécerelle et peut être également avec les rapaces nocturnes qui exploitent ces mêmes habitats comme l’Effraie des clochers (Tyto alba), le Hibou moyen-duc (Asio otus). Cela dit nous ne savons rien de ces cohabitations. Avec lui, la biomasse de micromammifères doit en prendre un coup ! Il semble que sa capacité à se reproduire soit nettement en lien avec la fluctuation des populations de micromammifères. Serait-ce une alimentation abondante qui conditionne et déclenche le processus de nidification, plus que la photopériode ? Comme cela est le cas pour l’Effraie des clochers. Les oiseaux d’origine tropicale ou subtropicale peuvent, en effet, posséder ce phénomène physiologique. La reproduction peut donc être assez précoce ou tardive par rapport à la période printanière. Tout dépend du garde-manger, de l’abondance des petits rongeurs des champs. Il y a de 3 à 5 poussins par nichée. L’espèce, bien qu’elle démontre une capacité à de belles dispersions, ce qui permet de coloniser de nouveaux territoires, notamment vers le Nord et l’Est, ne semble pas présenter de mouvements migratoires très marqués. Toutefois, un flux de passage est de plus en plus démontré sur les cols Pyrénéens et sur le littoral Atlantique, ce qui dénote que notre population régionale est maintenant assez conséquente. L’Élanion blanc est observable toute l’année en Aquitaine.
Photographie : N.PINCZON – Élanion blanc (Elanus caeruleus caeruleus) – 47-CAUDECOSTE – 07 février 2021
Bibliographie :
– ISSA Nidal – L’Élanion blanc Elanus caeruleus en France : Histoire d’une dynamique démographique – ALAUDA – N°1, 2021
– THEILLOUT A., BESNARD A., DELFOUR F., BARANDE S. (coord) – Atlas des oiseaux migrateurs et hivernants d’Aquitaine. Dordogne, Gironde, Landes, Lot-et-Garonne, Pyrénées-Atlantiques. Muséum d’Histoire Naturelle, Paris ; LPO, Rochefort, 2020
– THEILLOUT A. & Collectif faune-aquitaine.org – Atlas des oiseaux nicheurs d’Aquitaine – LPO Aquitaine, Delachaux & Niestlé, 2015
BLOG D’UN NATURALISTE DANS LE SUD-OUEST